Ayant découvert depuis peu l'initiative du Pagan Blog Project 2013, je tire ce blog de son abandon pour m'y joindre.

     Cette première contribution tient peut-être d'avantage du journal que de la réflexion de haute volée mais qu'importe...

 

     Voilà longtemps que je considère la foi païenne comme un chemin qui s’offre à moi de plein droit, un héritage inaliénable, venant de mon sang, de la terre sur laquelle je suis née. En situant mes croyances auprès d’autres païens que je rencontrai, j’ai pu leur dire ceci : je n’ai pas choisi les traditions dans lesquelles je puise, j’en ai hérité. J’ai hérité de la tradition de mes ancêtres celtes par mon sang et en naissant sur leurs anciennes terres, dans la vallée du Rhône et avec les collines et les forêts que j’ai parcourues amoureusement dans mon enfance. J’ai hérité de la tradition greco-romaine à l’école et en lisant des livres, me nourrissant des mythologies et des croyances qui ont marqué de leur empreinte hégémonique la langue et l’intelligence de mon pays. Puis j’ai trouvé la Wicca, à un moment, mais ceci n’est pas une histoire d’héritage, du moins je ne pense pas. Peu importait la qualité de ma relation aux dieux, quelles facilités ou quelles difficultés je rencontrais. Pendant ces hauts et ces bas, ces périodes de doutes, mes croyances étaient miennes et si je les posais au bord du chemin pour me concentrer sur autre chose, elles n’allaient pas s’envoler.

    Puis, la vie m’a donné l’occasion de vivre pendant une demi-année à New Delhi, dans le nord de l’Inde.  Bien que je ne sois pas partie au bout du monde pour satisfaire à un besoin spirituel et que, même maintenant, je connaisse peu l’Hindouisme, j’ai vu ce que c’était que d’hériter de la religion que l’on vit. J’en suis jalouse, d’ailleurs. Je réalise d’autant plus à quel point ma propre spiritualité est absente de ma vie quotidienne. J’ai connais de nombreux mythes grecques, j’ai lu les Mabinigion, mais ce ne sont pas les mythes que j’ai vu raconter, que j’ai célébré depuis ma petite enfance. La crêche, avec la naissance de l’enfant Jésus et l’arrivée des Roi-mages, en revanche, ma famille la reconstituait tous les ans, bien que mes parents ne nous aient pas fait baptisé, mes frangins et moi. Je n’ai pas le mélange de solennité et de désinvolture de ceux qui ont toujours fait ça en déposant une offrande. Ma langue est étrangère à mes croyances. Je célèbre les sabbats, mais en dehors de mon rituel, ou mon « moment sabbatique », si je ne fais rien de formel, le reste de la journée est presque comme tous les autres jours… Alors que Noël, c’est Noël, quoi.  Je ne suis pas chrétienne, mais s’il y a une tradition dont j’ai hérité directement, c’est le judéo-christiannisme.

    L’ésothérie, ça c’est ok. Mais je la trouve tellement peu vivante si elle n’est pas environnée par toutes les pratiques éxothériques, qui pourtant, sont considérées je crois comme sa parente pauvre. J’ai comme une impression que c’est ceci dont j’ai été amputée avec les siècles qui me sépare des temps pré-chrétiens…

    Peut-être une piste à suivre serait pour moi de laisser un peu de côté les rituels formels et les recherches de grandes extases mystiques, pour peupler un peu plus mon quotidiens de signes extérieurs de ma foi. Genre… pour rester sur le thème de la crêche… créer  et mettre en scène des figurines représentant Blodeuwedd, Llew Law Gyffes et Grown Pebyr… aux changements de saisons…